Sous la pression du climat, les infrastructures belges sont à l’épreuve
Les infrastructures belges, telles que les réseaux d’énergie et les systèmes de transport, seront de plus en plus exposées aux aléas climatiques extrêmes, à mesure que le climat se transforme. Ces aléas pourraient compromettre leur résilience : la défaillance d’un seul de leur élément serait susceptible d’entraîner des effets en cascade sur l’ensemble de la société.
Les infrastructures clés du pays, telles que les réseaux d’électricité et de transport, seront exposées à des risques climatiques multiples, dans les années à venir. Aurore Brunson, coordinatrice du BCRA précise : « Les vagues de chaleur réduiront l’efficacité des centrales électriques et nucléaires en surchargeant les réseaux, et en limitant la disponibilité en eaux de refroidissement. Elles risquent aussi de fragiliser les infrastructures de transport — les voies ferrées, routes et pistes d’atterrissage — sensibles aux fortes températures ».
Les pertes financières annuelles liées à la baisse de performance des systèmes électriques pourraient dépasser les 150 millions d’euros, dans un scénario de réchauffement de + 4 °C, selon les projections du rapport.
Les coûts sociaux augmenteront
Les inondations, qu’elles soient fluviales, pluviales ou dues à la montée du niveau de la mer, représenteront une menace croissante pour les infrastructures et pourraient causer des dommages structurels majeurs. L’exemple des inondations de la Vesdre en 2021 reste marquant : des coûts de 5,2 milliards d’euros, des milliers de maisons détruites et la coupure de 66 500 raccordements électriques et de 15 150 de gaz. En l’absence de mesures d’adaptation, cette catastrophe préfigure le type conséquences à venir.
Les risques climatiques concernant les infrastructures touchent la population de manière différente. Les personnes précarisées, souvent logées dans des bâtiments anciens ou situées en zones à risque, comme les zones inondables, sont particulièrement exposées aux défaillances des systèmes d’énergie, d’eau et de transport.
Des recommandations pour renforcer la résilience dès aujourd’hui
Face à ces constats, le rapport appelle à repenser les politiques d’aménagement du territoire et les normes de construction, en tenant compte des scénarios climatiques à l’horizon de 2050. Ces normes doivent aller au-delà de la performance énergétique : elles doivent aussi renforcer la résistance des bâtiments face aux vagues de chaleur, aux inondations ou aux affaissements de terrain.
Les constructions en zones à risque doivent être strictement encadrées par des règles d’urbanisme adaptées. Le rapport préconise aussi de restaurer des zones humides et de recréer des plaines inondables.
Enfin, le rapport souligne la nécessité de renforcer la coordination entre les différents acteurs de la gestion des infrastructures, et entre les niveaux de pouvoir. Objectif : une réponse cohérente et coordonnée aux défis d’adaptation climatique et de résilience.
Pour plus d’infos, consultez le chapitre 3.3 du rapport. Vous y trouverez une vue d’ensemble des risques liés aux infrastructures et aux bâtiments. Le chapitre 7 contient notamment les recommandations pour les infrastructures et bâtiments.
Lisez aussi les analyses techniques de risques et les fiches de vulgarisation qui résument ces derniers (à télécharger ci-dessous).
Downloads
| Risque pour les bâtiments dû à l’évolution du régime hydrique | Vulgarisation | Analyse technique |
| Risque pour les bâtiments dû aux inondations | Vulgarisation | Analyse technique |
| Risque pour les infrastructures d’eau domestiques et civiles dû aux sécheresses | Vulgarisation | Analyse technique |
| Risque pour les infrastructures d'énergie et de transport dû aux phénomènes météorologiques extrêmes | Vulgarisation | Analyse technique |
| Risque pour les infrastructures et bâtiments dû aux plantes exotiques envahissantes | Vulgarisation | Analyse technique |