Le changement climatique menace notre prospérité

Les impacts du changement climatique risquent à terme d’affecter l’économie belge : système assurantiel fragilisé, finances publiques sous pression, vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement et secteurs industriels menacés par le stress hydrique. Les signaux d’alerte se multiplient.

Les inondations de la Vallée de la Vesdre de 2021 ont causé des coûts estimés à 5,2 milliards d’euros et forcé des milliers de personnes à quitter leur domicile. Pour faire face à des événements extrêmes similaires, la création de fonds de solidarité régionaux est prévue depuis 2016. Cependant, ni en Wallonie ni à Bruxelles ces fonds n’ont été financés. Ils ne le sont toujours pas en 2025.

Grégory Truong, expert en économie au Cerac, explique : «Cette situation a contraint les assureurs à doubler leurs contributions par rapport à leurs obligations légales, ce qui a provoqué une grande insécurité juridique pour le secteur. Face à l’augmentation des catastrophes climatiques, les réassureurs pourraient quitter le marché belge, laissant certains citoyens et entreprises sans possibilité de s’assurer, ou à des prix plus élevés ». Ces difficultés d’accès à l’assurance sont déjà une réalité dans des pays limitrophes, comme la France.

Finances publiques : un équilibre budgétaire mis à l’épreuve

L’ensemble de l’économie belge et des finances publiques sera impacté par le changement climatique. Baisse de productivité, impact négatif sur les recettes fiscales, augmentation des dépenses publiques, et l’inflation climatique pourraient entraîner une augmentation de la dette publique substantielle dès le milieu du siècle, nécessitant un ajustement budgétaire et fiscal.

Dépendance aux importations : la vulnérabilité de la Belgique exacerbée

Les crises climatiques, aggravées par la spéculation, affectent les prix et la disponibilité des produits agricoles sur les marchés internationaux. En tant que petite économie ouverte, la Belgique est particulièrement vulnérable aux chocs qui perturbent les supply chains. Nos entreprises dépendent d’importations étrangères pour de nombreuses matières premières et produits intermédiaires, tels que les composés pharmaceutiques, chimiques, électroniques, etc. Ces importations proviennent souvent de régions fortement impactées par le changement climatique, qui affecte la production. Cela fait grimper les prix et menace la continuité de l’approvisionnement en Belgique. Par ailleurs, sur le territoire national, le stress hydrique menace des secteurs clés comme la chimie, la pharmacie, l’agroalimentaire et le tourisme.

Des recommandations pour renforcer la résilience du pays

Pour faire face à ces risques, le Cerac recommande de renforcer d’urgence le cadre légal autour du régime des catastrophes naturelles des assurances, de mieux financer les mécanismes de solidarité et de renforcer les investissements dans l’adaptation au changement climatique.

Pour plus d’infos, consultez le chapitre 3.5 du rapport. Vous y trouverez une vue d’ensemble des risques liés à l’économie et aux finances. Le chapitre 7 contient notamment les recommandations pour l’économie.

Lisez aussi les analyses techniques de risques et les fiches de vulgarisation qui résument ces derniers (à télécharger ci-dessous).

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Risque pour l'industrie dû au stress hydriqueVulgarisationAnalyse technique
Risque pour le secteur non-life des assurances dû aux inondationsVulgarisationAnalyse technique
Risque pour les finances publiques lié au changement climatiqueVulgarisationAnalyse technique
Risque pour les importations stratégiques lié au changement climatiqueVulgarisationAnalyse technique
Risque pour les prix alimentaires internationaux lié au changement climatiqueVulgarisationAnalyse technique