Historique et contexte

L'évaluation belge des risques climatiques (BCRA) publiée par le CERAC en 2025 montre que le changement climatique provoque déjà de lourdes conséquences. La catastrophe qui a frappé la vallée de la Vesdre en juillet 2021 a coûté la vie à 39 personnes et endommagé 45 000 habitations. Dans les zones les plus touchées le bassin versant de la (Vesdre et de la Lesse), les réseaux d'infrastructure ont également été endommagés. Cela a perturbé l'accès aux transports, aux télécommunications, à l'électricité, au gaz et à l'eau potable.

Les perturbations climatiques et la dégradation de l'environnement constituent une menace structurelle pour notre sécurité nationale. Cela est explicitement indiqué dans notre stratégie de sécurité nationale, qui pointe les évolutions naturelles et climatiques comme l'une des principales menaces pour notre société. Les risques liés au climat et à l'environnement touchent tous les secteurs et augmenteront au fil du temps. Une approche holistique, couvrant tous les aspects du cycle du risque, est donc nécessaire.

Le CERAC aide les autorités et les autres acteurs à mieux comprendre ces défis et à y répondre de manière ciblée, grâce à ses analyses de risques et à ses recommandations. Ceci afin de mettre en place une politique cohérente et efficace qui renforce la résilience de notre pays, face aux risques liés au climat et à la dégradation des écosystèmes. Le CERAC rend compte au Conseil national de sécurité, afin d'avoir un impact au sein de la chaîne de sécurité belge. Le Comité de coordination du renseignement et de la sécurité (CCIV) est également impliqué dans l'établissement du programme de travail triennal du CERAC.

Le CERAC rassemble la recherche scientifique, l'élaboration des politiques et la pratique. La lutte contre les risques climatiques et environnementaux nécessite une « approche sociétale globale ». Grâce à la recherche multidisciplinaire et à la coopération, le CERAC veut proposer des solutions innovantes.

Investir à long terme : une nécessité !

La résilience commence par la réduction de l'exposition et de la vulnérabilité aux dangers et aux menaces. Qu'il s'agisse de construire de nouveaux systèmes de gestion de l'eau ou de revoir les infrastructures de transport (nouvelles ou dans le cadre d'un plan de remplacement en fin de vie), chaque étape doit tenir compte des conséquences possibles sur le climat et l'environnement.

La planification stratégique et les investissements peuvent renforcer la résilience face aux défis environnementaux, et contribuer aussi à un avenir plus sûr et plus durable.

Le défi consiste à créer des situations gagnant-gagnant autant que possible. Par exemple, nous constatons que la loi sur la résilience des entités critiques de 2025 vise à protéger nos infrastructures critiques contre les menaces humaines, et tient compte également des conséquences des perturbations climatiques.

Renforcement de notre capacité de réaction

Grâce à des investissements importants dans la résilience et la prévention, nous pouvons réduire l'impact, mais pas exclure tous les risques. Des catastrophes continueront de se produire à l'avenir. De plus, à mesure que les risques augmentent, la probabilité et l'ampleur des catastrophes continuent de croître. Cela signifie que les services d'intervention et les acteurs de la sécurité pourraient devoir agir dans des situations d'urgence différentes, plus complexes et/ou plus nombreuses et simultanées.

Il est donc important que les acteurs de la sécurité et les services d'intervention intègrent également les risques climatiques et environnementaux, et leur évolution dans leur organisation, leurs procédures, leur planification, leurs formations et leurs investissements.

Pour soutenir cette démarche, le Centre national de crise (CNC) siège au comité de pilotage du CERAC. Notre organisation travaille en étroite collaboration avec les acteurs de la sécurité au niveau fédéral, régional et local. Le CERAC participe ainsi à l'élaboration du Plan national de résilience belge (BNR-P), et collabore aussi avec des partenaires à la préparation de la Belgique face aux incendies de feux de végétation. Le CERAC est aussi à l'origine de la création du Belgian Wild Fire Network et a élaboré, en collaboration avec le CNSC, une Critical Entities Resilience (CER) checklist destinée à aider les autorités compétentes à intégrer les risques climatiques dans leur politique de protection des infrastructures critiques.

Contexte international

De plus en plus d'acteurs internationaux dans le domaine de la sécurité reconnaissent que les perturbations climatiques et la dégradation des écosystèmes constituent des menace fondamentaux pour la sécurité nationale et internationale. Ainsi, dans un rapport de janvier 2026, l'OTAN souligne que les perturbations climatiques influencent l'ensemble du paysage sécuritaire et renforcent l'instabilité et les vulnérabilités existantes.

Le Royaume-Uni a également en 2026 qualifié la perte de biodiversité et l'effondrement des écosystèmes à l'échelle mondiale de « risque » pour la sécurité nationale, avec des conséquences possibles sur la sécurité alimentaire, la santé et la stabilité géopolitique.

Au niveau européen, la boussole stratégique de l'Union européenne en matière de sécurité et de défense souligne que le changement climatique est un multiplicateur de menaces susceptible d'aggraver les conflits, la fragilité et les tensions sociales.

Ces conclusions rejoignent la stratégie nationale de sécurité belge, qui reconnaît que le dérèglement climatique menace notre modèle de société. Ce dernier a en outre un effet multiplicateur sur d'autres phénomènes tels que la pauvreté, les conflits et les migrations, avec une pression croissante sur les États et le système multilatéral.

En tant que pays fortement orienté vers l'international, la Belgique est vulnérable à ces effets en cascade à l'échelle mondiale.

Afin de mieux préparer la Belgique à ces évolutions, le CERAC mènera une étude ciblée qui cartographiera systématiquement les risques climatiques et environnementaux mondiaux, et leur impact sur la sécurité et la résilience de la Belgique.

  • © CERAC