Publié pendant l’été 2026, le rapport d’UNICEF « Les risques climatiques pour les enfants » montre que presque chaque enfant dans le monde est exposé à au moins un aléa climatique. En Belgique, les enfants constituent aussi un groupe vulnérable face au changement climatique en raison de leur état de développement physique, de leur dépendance aux services essentiels et de certains facteurs sociaux, sanitaires et économiques.

Un constat mondial alarmant

Un constat essentiel du rapport d'UNICEF : presque tous les enfants dans le monde sont concernés par au moins un aléa climatique. Et 1,1 milliard, soit près de la moitié, est exposé à au moins trois risques climatiques se chevauchant. Ces menaces mettent en péril leur santé, leur éducation, leurs conditions de vie, voire leur survie. À l’échelle mondiale, la pollution de l’air était en 2023 le deuxième facteur de risque de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans, après la malnutrition.

En Belgique, presque tous les enfants sont exposés aux aléas climatiques

Sur base des données de l’UNICEF et de son rapport « Belgian Climate Risk Assessment » (BCRA), le CERAC souligne que les enfants en Belgique sont eux aussi confrontés aux conséquences du changement climatique. Aucun enfant n’est à l’abri.

En Belgique, 100 % des enfants sont exposés à la pollution de l’air. Elle augmente les risques de maladies respiratoires, notamment chez les plus fragiles. Les enfants sont particulièrement vulnérables aux dommages à long terme causés par l’inhalation des particules de pollution.

Par ailleurs, d’après le rapport UNICEF, 94,3 % des enfants en Belgique sont aussi exposés aux vagues de chaleur et 83,6 % à la sécheresse. De même, plus de 99 % sont exposés à au moins un aléa climatique et près d’un enfant sur dix est exposé à au moins trois aléas climatiques simultanés. Ceux-ci peuvent affecter le fonctionnement des services dont ils dépendent, leur santé, et leur bien-être.

  • Exposition des enfants aux risques climatiques en Belgique

Les vagues de chaleur peuvent impacter leur sommeil, leurs capacités d’apprentissage ou les activités scolaires, comme ce fut le cas en juin 2026. Certaines écoles ont décidé de donner cours seulement le matin, voire de les suspendre complètement. Dans certains bâtiments scolaires, des températures d’au moins 35°C ont été relevées dans les classes et les couloirs. Des professeurs ont toutefois dû accueillir à l’école des élèves qui n’avaient pas d’autres possibilités que de venir en classe.

Mesure de la température de l'air dans une classe lors de la vague de chaleur de juin 2026

Légende : Mesure de température de l’air réalisée par Loïc Gillerot, expert santé du CERAC, dans un établissement scolaire belge à Schaerbeek lors du début de la vague de chaleur de fin juin 2026. ©CERAC

École à Schaerbeek, le 19 et 20 juin 2026

Légende du graphique : Mesures de température de l’air (A) et stress thermique (B) réalisée par Loïc Gillerot, expert santé du CERAC, dans un établissement scolaire belge à Schaerbeek lors du début de la vague de chaleur de fin juin 2026. L’indicateur de stress thermique WBGT incorpore la température de l’air, l’humidité relative, la radiation et la vitesse du vent. Au-delà d’un seuil de 29°C WBGT, plusieurs mesures de précaution devraient être prises selon la législation ©CERAC

Les enfants ne sont pas de petits adultes

L’organisme des enfants est encore en développement. Ils respirent plus rapidement que les adultes, absorbent davantage de polluants et régulent moins efficacement leur température corporelle. Les vagues de chaleur et la pollution de l’air présentent donc des risques accrus pour leur santé. Ces effets peuvent être plus importants chez ceux souffrant par exemple de maladies respiratoires.

Une vulnérabilité qui varie selon les situations

Les enfants constituent un groupe hétérogène. Les risques climatiques peuvent affecter différemment un enfant selon son âge, son état de santé, la présence d’un handicap, son lieu de résidence ou sa situation socio-économique. Ces facteurs influencent donc fortement leur niveau de vulnérabilité.

Ainsi, les nourrissons et les jeunes enfants sont plus sensibles aux fortes chaleurs. Les enfants souffrant d’asthme ou d’autres maladies chroniques sont davantage affectés par la pollution de l’air. Ceux qui vivent dans des quartiers fortement urbanisés, avec peu d’espaces verts, peuvent être davantage exposés aux effets des vagues de chaleur.

Les risques climatiques peuvent accentuer des vulnérabilités déjà existantes. Les enfants confrontés à des difficultés de santé, sociales ou économiques sont souvent les plus exposés à leurs conséquences.

Els Barnard, experte en questions sociales au CERAC

Renforcer la résilience des enfants : une nécessité immédiate

La BCRA et le rapport d’UNICEF soulignent l’importance de prendre en compte les besoins spécifiques des enfants dans les politiques d’adaptation au changement climatique. Ces travaux mettent également en évidence la nécessité d’une approche coordonnée entre les différents niveaux politiques, et entre les secteurs concernés afin de mieux protéger les enfants face aux risques climatiques actuels et futurs. De plus, la santé, l’éducation, la protection sociale et la gestion des risques jouent un rôle essentiel dans leur capacité à y faire face.

Concrètement, cela implique de renforcer la résilience des services essentiels dont dépendent les enfants, de développer des écoles et des infrastructures publiques capables de faire face aux vagues de chaleur et aux autres aléas climatiques, et d’accorder une attention particulière aux groupes les plus vulnérables.

Lorsque nous renforçons les systèmes de santé et d’éducation, et améliorons les infrastructures au bénéfice des enfants, nous les protégeons des menaces climatiques actuelles tout en les aidant à construire leur avenir.

Christèle Devos, directrice générale d’UNICEF Belgique

FAQ

Pourquoi les enfants sont-ils plus vulnérables au changement climatique ?

Leur organisme est encore en développement. Les vagues de chaleur, la pollution de l’air et d’autres risques climatiques peuvent avoir des effets plus importants sur leur santé et leur bien-être.

Quels risques climatiques touchent les enfants en Belgique ?

Les enfants en Belgique sont particulièrement exposés à la pollution de l’air, et aux vagues de chaleur. Ces aléas peuvent affecter leur santé, leur sommeil et leur scolarité.

Comment mieux protéger les enfants face aux risques climatiques ?

Il est essentiel d’adapter les écoles et les services essentiels, tout en intégrant les besoins des enfants dans les politiques d’adaptation au changement climatique en Belgique.

Pour aller plus loin

Découvrez l’analyse du CERAC consacrée aux enfants dans le Belgian Climate Risk Assessment.

BCRA enfants

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