À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le CERAC rappelle un constat bien connu : selon l'ONU, les inégalités liées au genre rendent les femmes particulièrement vulnérables face aux risques climatiques et liés à la dégradation des écosystèmes. Elles sont en moyenne plus vulnérables que les hommes. Les effets du changement climatique peuvent exposer certaines femmes de manière disproportionnées à ces risques. Notamment, si les politiques d’adaptation ne tiennent pas compte de la dimension de genre et des différences de situations vécues.

Des facteurs de vulnérabilités multifactoriels

Els Barnard, experte sur les questions sociales au CERAC, précise : « Toutes les femmes ne sont pas vulnérables. Elles ont cependant un risque plus élevé d’être ou de devenir vulnérables, à cause de plusieurs facteurs aggravants. Les femmes sont en moyenne plus à risque : d’exclusion sociale, de pauvreté, de maladies chroniques et mentales, et elles se retrouvent plus souvent dans une situation familiale ou des conditions de logement qui augmentent leur vulnérabilité ». Ces éléments sont déterminants dans leur capacité à faire face aux aléas climatiques, tel qu’expliqué ci-dessous.

Des impacts sur la santé

En Belgique, les femmes sont plus susceptibles de souffrir de maladies chroniques, de handicaps, ou de troubles de santé mentale. Elles présentent aussi un niveau d’anxiété climatique plus élevé que les hommes. Par ailleurs, les fortes chaleurs ont un effet néfaste sur la santé mentale. Ces éléments cumulés réduisent leur capacité de résilience face aux risques climatiques.

Femmes vulnérables suite aux inondations de la Vesdre en 2021 en Belgique. Journée internationale de la femme

Une exposition renforcée face aux difficultés socio-économiques

Sur le plan financier, les femmes sont plus susceptibles que les hommes de connaître la pauvreté ou l’instabilité. Parmi les familles monoparentales, elles sont majoritaires : 82 % ont une mère célibataire à leur tête.

Les femmes sont donc davantage impactées par la hausse des coûts liés aux risques climatiques et à la dégradation des écosystèmes : augmentation des prix de l’alimentation, de l’énergie, de l’eau potable, des transports, etc. Cette fragilité économique augmente le risque de ne pas pouvoir avoir accès aux services essentiels, tels que les soins de santé, lors d’un évènement climatique extrême (vague de chaleur, inondation, feu de végétation…).

Un rôle accru dans la prise en charge d’autres personnes vulnérables

Dans de nombreuses familles, ce sont généralement les femmes qui assurent la prise en charge quotidienne des enfants, des personnes âgées, dépendantes ou en situation de handicap, eux-mêmes vulnérables aux aléas. Lors d’une catastrophe climatique, cette responsabilité peut ralentir l’évacuation ou complexifier celle de ces femmes, augmentant leur vulnérabilité.

Les femmes enceintes : un groupe particulièrement exposé

Les femmes enceintes sont particulièrement vulnérables aux risques sanitaires dus au changement climatique et à la dégradation des écosystèmes. Les vagues de chaleur augmentent de 26 % le risque de naissance prématurée. Les fortes chaleurs sont associées à un risque accru de mortinatalité, d’anomalies congénitales et de diabète gestationnel. Ces femmes ont un risque plus important de développer des maladies liées à la pollution de l’air. Elles sont également plus à risque si elles contractent des maladies infectieuses, dont les zoonoses.

Mieux documenter les inégalités de genre par rapport aux risques climatiques

Les inégalités entre hommes et femmes face au changement climatique restent encore insuffisamment documentées, en particulier parce qu’elles se superposent à d’autres formes de vulnérabilités climatiques. L’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE) travaille à intégrer la dimension de genre dans les politiques climatiques européennes.

Copyright photos: Sébastien Van Malleghem

Pour plus d’informations sur la vulnérabilité des femmes face au changement climatique, lisez le chapitre 4 de notre rapport « Belgian Climate Risk Assessment »

Crédit photo : Sébastien Van Malleghem

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