Ces risques climatiques et environnementaux ne se limiteront pas aux personnes les plus précaires ou aux plus âgées. À mesure que les aléas climatiques se diversifient et s’intensifient, un nombre croissant de personnes se retrouveront en situation de vulnérabilité. Les impacts varieront selon les profils socio-économiques, les conditions de logement, l’état de santé ou encore la situation professionnelle.
Des exemples concrets, partout en Belgique
- Les propriétaires de logements situés en zones inondables pourront se retrouver piégés : incapables de vendre, d’assurer, de rénover ou de réparer leur bien. Quant aux locataires à faibles revenus, souvent logés dans des bâtiments mal isolés et mal ventilés, ils subiront plus fortement les vagues de chaleur et la mauvaise qualité de l’air. Ils disposeront rarement de solutions pour déménager.
- Les agriculteurs seront confrontés à de nombreux risques : températures extrêmes, maladies du bétail, raréfaction de l’eau, baisse des rendements de certaines cultures, perte des pollinisateurs et exposition à des maladies vectorielles. Ces éléments généreront de fortes pressions économiques et psychologiques.
- Les citadins seront de plus en plus être exposés aux îlots de chaleur urbains dans les années à venir, à une plus grande pollution atmosphérique et à des risques accrus de maladies transmissibles. Quant aux populations rurales, en cas d’événement météorologique extrême, elles seraient confrontées à des difficultés d’accès aux soins médicaux en raison de leur isolation géographique.
Des vulnérabilités qui se cumuleraient
Certaines personnes verront leur exposition aux risques climatiques augmentée, en cumulant plusieurs facteurs de vulnérabilité : logement précaire, emploi instable, santé fragile, etc. Exemple : en cas d’inondations, une mère seule de deux jeunes enfants, habitant un quartier défavorisé en zone inondable, fait face à plusieurs contraintes : impossibilité de déménager, évacuation compliquée et lente avec les enfants. De plus, il y a des risques de santé par la présence de moisissures. Elle est donc plus fortement soumise à cet aléa, qu’une personne ne cumulant aucune de ces vulnérabilités.
Un enjeu pour les politiques d’adaptation
Els Barnard, experte en questions sociales au Cerac, explique : « Si les besoins des groupes vulnérables ne sont pas intégrés dans les politiques d’adaptation, les inégalités sociales, économiques et sanitaires s’accentueront. La cohésion sociale se fragilisera et la défiance de la population envers nos institutions augmentera ». La prise en compte des enjeux sociaux dans les politiques climatiques, notamment d’adaptation, est dès lors une condition essentielle pour que celles-ci puissent renforcer la résilience de la Belgique.
Pour plus d’infos, consultez le chapitre 4 du rapport. Vous y trouverez une vue d’ensemble des vulnérabilités sociales liés aux risques analysés dans le BCRA. Le chapitre 7 contient notamment les recommandations pour une résilience juste.