À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, le CERAC souligne le rôle central de l’eau dans plusieurs risques climatiques et environnementaux prioritaires pour la Belgique. Les modifications du cycle de l’eau — changement du régime des pluies avec une alternance plus marquée entre sécheresses et précipitations extrêmes — impactent directement les écosystèmes, les infrastructures et l’économie.

Trois risques considérés comme urgents et liés à ces modifications du cycle de l’eau ont été identifiés, dans notre analyse de risques climatiques et de dégradation des écosystèmes (« Belgian Climate Risk Assessment » - BCRA).

1. Dégradation des sols : un risque pour la production alimentaire.

La Belgique fait face à une dégradation de la santé de ses sols. Leur érosion y est déjà avancée, fragilisant leur fertilité et leur capacité à filtrer l’eau, puis à la stocker. En Flandre, plus d’un tiers des terres agricoles présentent un risque élevé d’érosion ; en Wallonie, ce risque est insoutenable pour 57 % des sols. Cette situation résulte à la fois de pratiques agricoles intensives et des évolutions du cycle de l’eau, engendrant des épisodes de sécheresses suivis de pluies intenses mettant les sols à mal.

Ces variations dégradent la structure des sols, réduisent la capacité des plantes à se développer et augmentent les risques de maladies, de coulées de boue et d’inondations. Or, les sols assurent des fonctions essentielles : filtrage et stockage de l’eau, régulation climatique, soutien à la croissance végétale. L’affaiblissement de la santé des sols représente donc un risque environnemental direct pour la production alimentaire.

  • Infographie risques climatiques liés à l'eau.

2. Inondations : un défi croissant pour les bâtiments

Les inondations constituent une menace croissante dans les décennies à venir pour les bâtiments en Belgique. L’accroissement prévu des précipitations extrêmes, et l’élévation du niveau de la mer augmentent la probabilité de dommages structurels et de pertes économiques majeures. L’urbanisation et l’imperméabilisation des sols renforcent ce risque climatique en augmentant le ruissellement et en réduisant l’infiltration de l’eau.

L’érosion hydrique peut affaiblir des éléments structurels et des fondations. De plus, en cas d’humidité persistante, les murs et les façades retiennent souvent l’eau et la libèrent lentement, provoquant des moisissures et une dégradation à long terme.

Lors d’inondations, les installations essentielles — électricité, chauffage — sont particulièrement vulnérables, prolongeant parfois l’incapacité de vivre ou travailler dans les bâtiments pendant plusieurs mois.

3. Assurance des biens immobiliers : une vulnérabilité accrue

Les inondations exercent une pression croissante sur le secteur assurantiel en Belgique. Les inondations de la vallée de la Vesdre en 2021, avec plus de 5,2 milliards d’euros de dégâts, illustrent l’ampleur des pertes concentrées sur une courte période.

L’intensification des évènements climatiques extrêmes accentue le risque de non-assurabilité. Les fonds de solidarité régionaux prévus pour absorber ces chocs n’étant pas financés en Wallonie et à Bruxelles, les assureurs ont dû accroître leurs contributions, par rapport à leurs obligations légales, en 2021, créant une incertitude juridique. À terme, certains citoyens et entreprises pourraient faire face à des primes plus élevées ou à une difficulté croissante pour s’assurer, si les réassureurs décidaient de quitter le marché belge.

Conclusion : une ressource transversale au cœur de l’adaptation

Les transformations du cycle de l’eau touchent simultanément l’agriculture, les infrastructures, les citoyens, la sécurité et les entreprises. L’eau se trouve ainsi au carrefour de plusieurs risques climatiques et environnementaux identifiés pour la Belgique. Le CERAC souligne qu’au-delà de ces trois risques urgents, d’autres risques climatiques et environnementaux liés à l’eau existent : risque pour les écosystèmes d’eau douce dû aux sécheresses, risque pour les bâtiments dû à l’évolution du régime hydrique, risque pour l’industrie dû au stress thermique, etc.

À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, le CERAC rappelle que la compréhension et l’anticipation de ces risques climatiques et environnementaux constituent un levier essentiel pour renforcer la résilience collective face aux changements climatiques.

Semaine de l'eau : découvrez les activités

Dans le cadre des semaines de l’eau, les trois Régions organisent des activités de sensibilisation. Retrouvez-les sur leur site respectif :

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