La Commission européenne a adopté, le 27 octobre, un nouveau cadre visant à renforcer la résilience de l'Europe face à l'intensification des risques climatiques. Applicable à l'ensemble de l'Union européenne, il place l'évaluation des risques climatiques et la résilience au cœur des processus décisionnels. Pour le CERAC, il s'agit d'une étape importante vers une approche plus proactive des risques climatiques, en étroite adéquation avec ses missions en Belgique.
Une approche plus proactive des risques climatiques
Le Cadre européen intégré pour la résilience climatique et la gestion des risques (European Climate Resilience and Risk Management Integrated Framework) vise à mettre en place une approche plus intégrée pour anticiper, prévenir et gérer les risques climatiques à travers l'Europe.
Les risques climatiques devront désormais être systématiquement pris en compte à chaque étape du processus décisionnel, afin que les politiques, les investissements et les choix de planification européens soient adaptés à un avenir résilient face au changement climatique.
Ce cadre renforce les évaluations des risques climatiques aux niveaux européen et national. L'un de ses éléments clés est l'introduction d'un scénario climatique européen de référence commun, fondé sur une trajectoire de réchauffement mondial de 3 °C d'ici 2100. Cette référence commune sera utilisée pour les évaluations des risques climatiques aux niveaux européen et national. Le cadre prévoit également une clarification des responsabilités concernant les risques majeurs, l'élaboration de plans de résilience climatique ainsi que l'amélioration du suivi, des outils et du financement.
Renforcer la résilience à travers l'Europe
Sous l'impulsion de la Commission européenne, le cadre intègre le principe de « résilience climatique dès la conception » à tous les niveaux. Ce principe servira de fil conducteur dans l'ensemble de l'Union européenne et favorisera une action proactive et anticipative aux niveaux européen, national, régional et local.
Le cadre adopte également une approche transversale, reconnaissant que les risques climatiques peuvent simultanément affecter la santé, les infrastructures, l'énergie, les transports, la sécurité alimentaire et l'approvisionnement en eau, les écosystèmes ainsi que l'activité économique.
Cette approche intégrée est essentielle, car les risques climatiques ne s'arrêtent ni aux frontières administratives ni aux limites entre secteurs. Leurs impacts peuvent entraîner des effets en cascade d'un secteur ou d'un territoire à l'autre, créant ainsi des défis plus larges pour la sécurité de nos sociétés et de nos économies.
Pourquoi ce cadre est-il important pour l'Europe ?
Ce cadre marque le passage d'une logique consistant à réagir aux catastrophes liées au climat à une approche visant à anticiper et à réduire les risques avant qu'ils ne se transforment en crises. Cette évolution devient d'autant plus importante que la résilience climatique ne constitue plus uniquement un défi environnemental. Elle est également devenue un enjeu de préparation pour l'Europe, dans un contexte où les menaces se multiplient et sont de plus en plus interconnectées.
Il ne s'agit pas de choisir entre atténuation et adaptation. Nous avons besoin des deux. Et elles doivent se renforcer mutuellement. C'est la seule manière de parvenir à la résilience climatique. Mais nous devons considérablement renforcer notre niveau de préparation.
Ursula von der Leyen, discours sur l'état de l'Union 2026
Le briefing du Parlement européen fournit davantage d'informations sur ce cadre et ses implications.
Qu'est-ce que cela signifie pour le CERAC ?
Pour le CERAC, ce cadre européen renforce une approche qui se trouve déjà au cœur de sa mission. Le CERAC évalue de manière indépendante l'exposition et la vulnérabilité de la Belgique aux risques climatiques et environnementaux. Il fournit aux décideurs politiques des informations et des recommandations afin de les aider à anticiper ces risques et à s'y adapter. Ses travaux accordent une attention particulière à la sécurité nationale et à la résilience.
En accordant davantage d'importance à l'évaluation des risques climatiques, à leur gouvernance et à la planification de la résilience, le cadre européen renforce la pertinence de ces travaux. Il conforte également l'approche du CERAC, qui consiste à analyser les risques climatiques de manière transversale, entre secteurs et niveaux de gouvernance, plutôt que de les considérer uniquement comme des enjeux environnementaux.
FAQ
Qu’est-ce que le cadre européen pour la résilience climatique ?
Le cadre européen intégré pour la résilience climatique et la gestion des risques vise à aider l’Union européenne à mieux anticiper, évaluer et gérer des risques climatiques croissants. Il promeut une approche proactive dans laquelle la résilience climatique est intégrée aux politiques, aux investissements et aux décisions de planification.
Que signifie le scénario climatique de référence de 3 °C ?
Le cadre introduit un scénario européen de référence commun fondé sur une trajectoire de réchauffement mondial de 3 °C d’ici 2100. Il fournira une référence commune pour les évaluations des risques climatiques aux niveaux européen et national et sera régulièrement adapté en fonction de l’évolution des connaissances scientifiques.
Pourquoi la résilience climatique est-elle importante pour l’Europe ?
Les risques climatiques peuvent affecter la santé, les écosystèmes, les infrastructures, l’énergie, les transports, la sécurité alimentaire et hydrique ainsi que l’économie. Parce que ces effets peuvent interagir et se propager en cascade entre les secteurs et au-delà des frontières, renforcer la résilience devient également de plus en plus important pour la sécurité et la compétitivité de l’Europe.