Les principaux résultats de l'évaluation européenne des risques climatiques (EUCRA) récemment publiée ainsi que la communication de la Commission européenne publiée aujourd'hui préconisent une gestion active des risques climatiques qui renforcera la résilience de l'économie et de la société et réduira les coûts évitables de réparation des dommages.

L'EUCRA apparaît comme un outil essentiel en fournissant une analyse complète des risques et des vulnérabilités liés au climat. Dans toute la région, la hausse des températures aggrave les vagues de chaleur et les sécheresses, modifie les régimes de précipitations et intensifie la fréquence et la sévérité des phénomènes météorologiques extrêmes. L'élévation du niveau de la mer constitue une menace importante pour les communautés côtières, tandis que les régions intérieures sont vulnérables aux inondations et à la pénurie d'eau. Les écosystèmes sont mis à rude épreuve, la biodiversité est menacée et des secteurs cruciaux tels que l'agriculture (culture ou élevage), l'énergie et les infrastructures de transport, ainsi que la santé publique, sont soumis à des pressions de plus en plus fortes.

Les chercheurs ont évalué 36 risques spécifiques liés au changement climatique dans cinq domaines thématiques : les écosystèmes, l'alimentation, la santé, les infrastructures, l'économie et la finance. Vingt‑et-un d'entre eux nécessitent une attention particulière dès maintenant. 8 ont été classés comme particulièrement urgents. Le rapport met l'accent sur la préparation de l'Europe au changement climatique en restaurant la nature, en transformant les pratiques agricoles, en protégeant les régions côtières et en remédiant aux vulnérabilités, en particulier dans le sud de l'Europe.

Les inondations dévastatrices qui ont frappé la Belgique, l'Allemagne et les Pays-Bas en juillet 2021 ont incité le gouvernement fédéral à créer un Centre d'évaluation des risques climatiques et environnementaux (CERAC) afin d'aider la Belgique à mieux se préparer à de futures perturbations climatiques et environnementales.

Pour la Belgique, pays densément peuplé et de basse altitude, les enjeux de l'EUCRA sont particulièrement importants. La situation géographique du pays l'expose à divers risques climatiques, notamment les inondations fluviales et côtières, ainsi que les vagues de chaleur et les sécheresses. Des villes comme Bruxelles, Anvers et Gand sont vulnérables aux îlots de chaleur urbains, où les environnements densément construits et les espaces verts limités exacerbent les effets de la hausse des températures.

Le Communiqué de presse de la Commission européenne met l'accent sur la clarification de l'appropriation des risques entre les différents niveaux de gouvernance et les différents secteurs, le renforcement de la boîte à outils (y compris de solides évaluations nationales des risques), sur des choix budgétaires de l'UE prenant en compte les risques climatiques, l'activation de la politique des marchés publics, la planification territoriale et le renforcement des capacités de protection civile pour faire face aux risques climatiques.

La Belgique doit impérativement renforcer sa résilience et sa capacité d'adaptation au changement climatique, mais elle doit aussi fonder ses actions sur une évaluation nationale solide des risques. Le CERAC prépare sa première évaluation complète des risques, qui débutera au second semestre 2024.

Cette évaluation permettra d'orienter et de hiérarchiser les actions de manière plus détaillée, sur le plan tant géographique que sectoriel, mais les principaux enseignements à tirer de l'EUCRA pour la Belgique sont d'ores et déjà clairs !

La Belgique doit davantage investir dans des infrastructures résilientes au climat, notamment dans les défenses contre les inondations, la restauration de la nature, les systèmes de gestion de l'eau et les espaces verts urbains afin d'atténuer les effets des phénomènes météorologiques extrêmes et de l'élévation du niveau de la mer. Cet engagement doit tenir compte de la répartition complexe des pouvoirs entre les niveaux fédéral, régional, provincial et local, et garantir la coordination des efforts entre ces différents niveaux politiques.

En mettant en œuvre des stratégies d'aménagement du territoire qui donnent la priorité à la conservation, à l'agriculture durable et à la restauration des écosystèmes afin de lutter contre la perte de biodiversité et la dégradation des sols, la Belgique peut accroître sa résilience aux impacts climatiques et offrir de multiples avantages connexes à son économie et à sa société.

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