À l’occasion des semaines de l’eau en Wallonie, en Flandre et à Bruxelles, le CERAC rappelle que l’eau est au centre de plusieurs risques climatiques pesant déjà sur la sécurité en Belgique. Sécheresses, inondations et dégradation de la qualité de l’eau affectent les citoyens, les infrastructures, l’économie, la santé publique, etc. Le Belgian Climate Risk Assessment (BCRA) identifie trois risques majeurs liés à l’eau, nécessitant une adaptation rapide.
1. Sécheresse : un risque croissant pour l’approvisionnement et les ménages
La Belgique utilise chaque année la majorité de ses ressources en eau potable. Les sécheresses, plus fréquentes, réduisent les volumes d’eau disponibles et menacent l’approvisionnement en électricité. Selon notre expert en Sécurité, Pieter Wynant : « Un faible niveau d’eau ou des températures élevées peuvent contraindre les centrales nucléaires à diminuer leur production, voire à s’arrêter. De grandes quantités d’eau sont indispensables pour leur système de refroidissement ». La sécheresse menace donc la production d’électricité.
Sur le plan social : la rareté de l’eau entraine une hausse des prix, augmente les risques sanitaires et renforceraient les inégalités. Les enfants, les personnes âgées ou immunodéprimées sont particulièrement touchés. Les familles à faibles revenus, déjà plus vulnérables, sont davantage exposées : plus de 13 % des foyers belges vivent aujourd’hui une situation d’insécurité hydrique.
2. Inondations : un risque majeur pour les infrastructures et les personnes vulnérables
En Belgique, les inondations deviendront plus fréquentes dans les décennies à venir, menaçant les bâtiments, les infrastructures et le secteur assurantiel.
Les inondations de la Vallée de la Vesdre en 2021 restent un exemple fort : 5.2 milliards d’euros de dégâts, des milliers d’habitations détruites et de personnes déplacées, 66 500 raccordements électriques coupés. Depuis cet événement, les inondations et autres catastrophes naturelles font craindre un retrait de certains réassureurs du marché assurantiel belge. Ce risque d’inondation est une menace dans tout le pays. Par exemple en Flandre, 7,5% des bâtiments y seraient exposés.
Selon la BCRA, près de 23 000 personnes pourraient être touchées chaque année par les crues de rivières, en 2080. Tandis que l’exposition aux inondations côtières pourraient impacter 25 500 personnes en 2100, contre 500 aujourd’hui. Les personnes à faibles revenus, plus susceptibles d’être présentes dans les zones inondables, restent les plus exposées à cet aléa climatique.
3. Une qualité de l’eau détériorée : un risque pour la santé
La qualité de l’eau est un enjeu majeur pour la santé. Or, elle se dégrade en raison des eaux usées et urbaines, en particulier à Bruxelles. La Flandre est particulièrement impactée par les émissions d’azote issues de l’agricultures.
Lors de sécheresse, le débit des cours d’eau est plus faible, la dilution des polluants diminue et leur concentration augmente : produits pharmaceutiques, matière organique, nitrates… Le traitement devient alors plus complexe et coûteux. Le renouvellement des eaux souterraines devient plus lent, accentuant la concurrence entre ménages, industries, agriculture et transport intérieur.
Conclusion : l’eau, un enjeu central pour la sécurité du pays
Les sécheresses, les inondations et la dégradation de la qualité de l’eau démontrent que l’eau est un facteur déterminant de sécurité nationale. Renforcer la résilience du pays passe par une compréhension précise de ces risques et par des actions coordonnées. L’enjeu est clair : anticiper aujourd’hui pour sécuriser demain.
Semaine de l'eau : participez aux activités
Dans le cadre des semaines de l’eau, les trois Régions organisent des activités de sensibilisation. Retrouvez-les sur leur site respectif :