Longtemps abordé uniquement sous le prisme environnemental, les effets du changement climatique sont désormais amenés à affecter la sécurité publique et doivent être reconnus par les autorités. Feux de forêt, pénuries d’eau, perturbations des infrastructures critiques, tensions budgétaires dues aux catastrophes naturelles : ces risques sont appelés à s’intensifier à moyen terme et pourraient compromettre des services essentiels, tels que les interventions d’urgence, les communications et l’accès aux soins. Ces risques pourraient donc se transformer en crises sécuritaires.

La Belgique reconnaît ces risques climatiques et environnementaux comme des menaces pour sa sécurité nationale, mais leur prise en compte dans les dispositifs opérationnels de sécurité reste largement insuffisante.

Une gouvernance fragmentée

L’une des causes de ce manque réside dans la gouvernance fragmentée, où les responsabilités sont dispersées entre les différents niveaux de pouvoir, sans coordination suffisamment structurée.

Les mécanismes de prévention, de préparation et de réponse aux crises demeurent cloisonnés, freinant l’émergence d’une approche globale des risques. Cette organisation montre ses limites face à la gestion et à l’anticipation de crises complexes et interconnectées, caractéristiques du dérèglement climatique.

Des outils de sécurité à renforcer

Les stratégies de sécurité peinent à intégrer les spécificités des risques environnementaux dans les outils nationaux d’évaluation et de planification. Les systèmes d’alerte, les dispositifs de suivi et les canaux d’information ne sont pas calibrés pour anticiper des crises susceptibles d’affecter simultanément la santé publique, des infrastructures clés et la cohésion sociale.

Le BCRA appelle à une refonte de l’architecture de sécurité

Face à ces constats, le rapport recommande une transformation en profondeur de l’architecture de sécurité belge, articulée autour de trois axes :

  • Une gouvernance inclusive renforçant la coordination entre les niveaux (fédéral, régional, provincial et local), tout en associant les citoyens, les entreprises et les services d’urgence.
  • Une planification stratégique à long terme intégrant les risques en cascade et les effets cumulatifs du changement climatique dans les décisions budgétaires et opérationnelles.
  • Une culture du risque partagée reposant sur la reconnaissance des besoins spécifiques des groupes les plus vulnérables.

Enfin, pour garantir la continuité des services essentiels et la protection des citoyens, la Belgique doit faire de la résilience climatique un pilier central de sa sécurité nationale. Cela implique de dépasser les logiques sectorielles, de renforcer les capacités d’anticipation et de doter l’État d’un cadre de sécurité adapté aux défis du XXIe siècle.

Pour plus d’infos, consultez le chapitre 6.3 du rapport. Le chapitre 7 contient notamment les recommandations en lien avec la sécurité nationale.