Le Centre des risques du changement climatique (CERAC) publie ce 13 juillet un nouveau rapport, sur l’état
de préparation des communes belges face aux risques climatiques. Il identifie trois aléas climatiques qui
dominent au niveau local : chaleur, sécheresse et inondations. Les impacts sont déjà bien visibles sur le
terrain. Le renforcement à long terme des moyens au service de l’adaptation est plus que jamais nécessaire
pour les communes. Face à l’accélération des risques climatiques, elles sont en première ligne.

Risques climatiques : quel est l'état de préparation des communes belges ? pdf 8.31 MB

Trois aléas climatiques majeurs au cœur des réalités locales

Trois aléas climatiques se dégagent au niveau local : vague de chaleur, inondation, sécheresse. Le rapport
s’appuie sur l’analyse de 389 documents, dont des analyses de vulnérabilité climatiques au niveau
communal. Ceux-ci représentent l’ensemble du territoire belge et différents types de communes (rurales,
urbaines, côtières).


L’importance de ces aléas varie selon les territoires. Les communes urbaines sont particulièrement
exposées aux vagues de chaleur, à cause des îlots de chaleur. Les communes rurales sont davantage
préoccupées par la sécheresse, notamment au regard des activités agricoles. Les inondations demeurent
un enjeu majeur pour l’ensemble des communes, tout type confondu.

La mission du CERAC est d’analyser les risques climatiques pour la Belgique. Notre nouveau rapport montre que l’adaptation climatique doit être au coeur de la politique locale, là où les impacts se concrétisent pour les citoyens et où une grande partie des solutions se trouve

Luc Bas, directeur du CERAC

Les communes agissent déjà, mais l’urgence impose d’accélérer

De nombreuses communes ont déjà mis en place des mesures concrètes pour lutter contre les effets du
changement climatique sur leur territoire. Parmi les principales actions identifiées figurent : la végétalisation
urbaine pour limiter les îlots de chaleur, la gestion intégrée de l’eau avec des bassins de rétention et des
zones d’infiltration, et l’intégration des enjeux climatiques dans les politiques d’aménagement du territoire.
Malheureusement, l’adaptation reste encore faible au regard de l’urgence climatique. Les mesures au
service de l’adaptation doivent devenir structurelles, de large ampleur et être inscrites dans la durée.

Les communes sont en première ligne face aux risques climatiques. À Limbourg, les inondations de 2021 ont montré concrètement l’ampleur des impacts pour les autorités locales et les habitants. Depuis lors, parmi les initiatives engagées, il y a la mise à ciel ouvert d’un cours d’eau, le Ruyff, et la renaturation de son lit. D’autres actions sont en cours.

Valérie Dejardin, bourgmestre de la ville de Limbourg en province de Liège

  • Mise à ciel ouvert du cours d'eau, le Ruyff, qui se jette dans la Vesdre. ©CERAC
  • Mise à ciel ouvert du cours d'eau, le Ruyff, qui se jette dans la Vesdre. ©CERAC
  • Mise à ciel ouvert du cours d'eau, le Ruyff, qui se jette dans la Vesdre. ©CERAC
  • Mise à ciel ouvert du Ruyff, cours d'eau. ©Moll - Ville de Limbourg
1/4 photos

Les communes face aux défis de l’adaptation

Les acteurs locaux mettent en lumière plusieurs freins : les communes font face à des contraintes
structurelles en ressources humaines, financières, et des mécanismes de financement variables dans le
temps.

Les communes disposent de leviers
concrets pour agir, mais se retrouvent à gérer des défis croissants. Le renforcement des moyens et une plus forte collaboration entre les niveaux de pouvoir sont essentiels pour soutenir l’action locale, de manière cohérente.

Selon l’Union des Villes et Communes de Wallonie (UVCW)

En effet, la coordination constitue un enjeu central. Les risques climatiques dépassent les frontières
administratives. Une articulation renforcée entre les services communaux, les communes voisines et les
niveaux de pouvoir est essentielle.

Le CERAC souligne la nécessité de permettre aux communes d’avoir les capacités en matière de
ressources humaines et de moyens financiers pour intégrer davantage l’adaptation dans les politiques
locales. Le développement de coopérations entre acteurs publics et privés constitue également un levier
important.

Conclusion

Ce rapport met en évidence que face aux risques climatiques, renforcer la résilience des communes est une condition essentielle pour la sécurité des citoyens, et la continuité des services locaux. Si de nombreuses communes agissent déjà, renforcer les moyens humains, financiers et la coordination est une nécessité. Ces efforts doivent s’inscrire dans des mesures structurelles à long terme.

Ce rapport du CERAC montre que les communes ont déjà engagé un travail considérable, mais qu'elles ne pourront pas relever seules l'ensemble des défis qui les attendent. Notre responsabilité est donc de mieux coordonner l'action publique, dans le respect des compétences de chacun et en nous appuyant sur la science. Adapter notre pays est une nécessité
aujourd'hui pour protéger nos citoyens, préserver nos infrastructures et renforcer la résilience de notre économie

Jean-Luc Crucke, ministre du Climat

Végétalisation urbaine à Ixelles (Flagey), permettant de lutter contre les îlots de chaleur.

Pour plus d'infos

Découvrez le rapport

Crédit photos de l'article : ©CERAC & Ville de Limbourg

Abonnez-vous à la newsletter

Abonnez-vous dès maintenant pour être informé de nos rapports et actualités.
Saisissez votre adresse e-mail ci-dessous, et cliquez sur « S'abonner » !